Ai-je besoin de commencer une thérapie ?

Cette question, beaucoup d’entre nous se la posent, et à juste titre. Depuis plus d’un an maintenant, nos vies ont été bouleversées à de nombreux niveaux, parfois à un point que nous n’aurions pas pu imaginer auparavant. Ces événements extérieurs ont parfois pu impacter significativement l’équilibre psychique de certaines personnes, fragilisant ainsi leur rapport à elles-mêmes, aux autres, et à la vie en général. Que ce soit en réaction à cette situation extraordinaire ou pas, cette question à le mérite de se poser : ai-je besoin d’entreprendre une thérapie ?

Le plus souvent, le point de départ à ce questionnement est un mal-être. Qu’il soit physique (stress, sommeil perturbé, rapports déséquilibrés à l’alimentation, maladies psychosomatiques…), émotionnel (difficultés dans le vécu et l’expression des émotions…) ou psychologique (estime et confiance en soi, scénarios répétitifs, événements de vie difficiles…), c’est cet état de déséquilibre qui induit un questionnement constructif et salutaire.

En effet, c’est en ayant la prise de conscience que quelque chose dysfonctionne, c’est-à-dire en sortant du déni, que l’on peut se donner le choix de passer à l’action, quelle que soit l’approche.

Une fois le constat fait, et la décision d’agir prise, un phénomène peut toutefois se produire et venir entraver la volonté de changement : les résistances

Celles-ci sont des mécanismes psychologiques puissants et inconscients qui peuvent se déclencher lorsque l’on décide de travailler sur soi, leur but étant que rien ne change.

Quelques résistances habituelles 

  • “ Je n’ai pas de vrais/gros problèmes. Il y a pire que moi.” 

Ce mécanisme tend à minimiser le besoin sous-jacent, à détourner l’attention de l’objectif que l’on s’était fixé initialement en se comparant aux autres. 

Moyen possible de s’en extraire : il y a toujours mieux ou pire que soi quel que soit le domaine, ce n’est pas une raison objective pour ne pas passer à l’action. Cette attitude pousse à l’immobilisme qui peut parfois être juste, et parfois bloquant. Il peut alors être intéressant de clarifier le besoin : en quoi ai-je besoin d’aide ?

  • “ Je n’ai pas envie de passer pour un.e égoïste. J’ai peur de me centrer sur moi.”

Ici, plusieurs phénomènes entrent en jeu : l’auto-jugement négatif (si je me donne de l’importance, je suis égoïste) et l’amalgame (être égoïste c’est ne pas penser aux autres).

Moyen possible de s’en extraire : prendre soin de soi n’a rien à voir avec le fait de ne pas se préoccuper des autres. C’est effectivement se donner du temps pour aller mieux et apprendre à se connaître, ce qui aura pour conséquence naturelle d’être plus authentique et en meilleures relations avec les autres.

  • “Je n’ai pas envie qu’on pense que je suis au fond du trou, ça va!”

Là aussi c’est le regard que peuvent porter les autres sur la décision de débuter un travail sur soi qui entre en jeu. Ce poids du regard pourrait d’ailleurs constituer en lui-même un motif de consultation. Et effectivement, une bonne partie des personnes qui débutent une thérapie ne sont pas forcément au plus mal…mais cela signifie-t-il qu’il faut attendre le point de rupture avant de prendre soin de soi ?

Moyen possible de s’en extraire : évaluer les bénéfices/risques à rester dans la situation actuelle. Y a-t-il plus de raisons de travailler sur soi ou de rester dans le même fonctionnement ?

  • “J’ai des amis et une famille qui me soutiennent, ça me suffit.”

Dans certains cas, le soutien des proches peut suffire à traverser une période délicate. Toutefois, il est à garder à l’esprit que ceux-ci ne sont pas objectifs et qu’ils ont, par nature, un lien affectif qui peut biaiser l’aide apportée. Là aussi, il s’agit d’un mécanisme qui pourrait s’apparenter à de la minimisation, associé à un manque de clarté sur le besoin sous-jacent.

Moyen possible de s’en extraire : clarifier le besoin : ai-je besoin d’un soutien ponctuel et affectif de gens qui me connaissent pour traverser une épreuve, me rassurer, me redonner confiance ? Ai- je besoin d’un regard extérieur bienveillant et professionnel pour m’accompagner dans une phase difficile, apprendre à mieux me connaître et évoluer vers un mieux-être global ?

  • “C’est trop cher !”

Le contexte socio-économique actuel alimente effectivement ce mécanisme de défense chez certaines personnes. Les accompagnements thérapeutiques ne sont en effet pas encore remboursés par la sécurité sociale et restent aux frais des consultants ce qui peut constituer un investissement important. 

Moyen possible de s’en extraire : considérer l’argent investi comme un engagement personnel à évoluer vers une meilleure version de soi-même, durable dans le temps. Pour beaucoup, la santé est une priorité, et il faut se rappeler qu’elle englobe naturellement l’équilibre et le bien-être psycho-émotionnel (selon la définition de l’OMS).

  • “Je n’ai pas le temps.”

La question du temps est très liée à celle de l’argent car la base est la même: il s’agit de la notion de priorité. Il est bon de s’interroger : quelle est ma priorité actuellement ? 

Moyen possible de s’en extraire : outre le fait que les investissements en temps présentiel peuvent être aménagés selon les besoins, si la résistance persiste, c’est que la décision d’agir n’est peut-être pas encore clairement prise. Il peut alors être intéressant de se donner le temps d’y réfléchir sans pression ni injonction.

Evoluer, changer, se transformer…tout ceci nécessite un pas en avant vers l’inconnu hors de toute prévision sur le déroulement du processus. Cela passe par une forme de volonté consciente qui va venir dépasser les résistances inconscientes qui voudraient nous maintenir dans notre état connu. C’est là que le regard inconditionnellement positif et bienveillant du.de la thérapeute peut aider à sauter le pas et à s’engager avec confiance sur un chemin de développement de Soi, vers l’Harmonie intérieure.

2 commentaires sur « Ai-je besoin de commencer une thérapie ? »

  1. Cet article est tout à fait adapté à la période que nous vivons. Je le trouve très clair, facile à comprendre et chacun pourra se retrouver dans l’un ou l’autre, ou plusieurs des questionnements. Le plus difficile à faire c’est de prendre le premier rendez vous. Après, cela coule de source. C’est aussi cela, prendre soin de soi.

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  2. J’ai beaucoup apprécié cette analyse objective des » freins « qui empêchent de Se lancer dans cette aventure introspective! .. Pour avancer sereinement sur le chemin, mieux vaut évacuer les cailloux de ses chaussures !!

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