Les émotions : les comprendre et les apprivoiser pour mieux s’en servir

C’est devenu une mode, une tendance de plus en plus partagée :  on entend en effet beaucoup parler de la “gestion des émotions”, de ne pas “se laisser contrôler par ses émotions” et, plus récemment, “d’accueillir ses émotions”. 

Il est intéressant de creuser un peu pour voir ce qui se cache derrière…

Mais, pour commencer, qu’est-ce qu’une émotion ?

Du latin emovere, dont le e signifie “hors de” et movere “mettre en mouvement”, une émotion est une sensation à la fois psychologique et physique qui naît à l’intérieur du corps. Elle trouve son origine dans une pensée, elle-même liée à un événement, qu’il soit intérieur ou extérieur à soi.

Son rôle est de transmettre un message en mettant en mouvement la conscience, puis de sortir du corps, une fois celui-ci entendu. En ce sens, on peut dire qu’elle est un système d’information de la vie psychique.

Les êtres humains partagent 4 émotions de base : la joie (qui est présente chez le bébé, dès la naissance), puis la peur, la tristesse et la colère, qui se construisent au contact de l’environnement et des figures d’attachement durant l’enfance.

Les sentiments quant à eux sont appris socialement et sont des combinaisons de plusieurs émotions, à des degrés différents, permettant de créer des expériences différentes.

A quoi sert une émotion ?

Une émotion a pour fonction d’informer sur l’état de satisfaction des besoins internes. Une émotion dite positive informera que ceux-ci sont nourris, alors qu’une émotion négative indiquera qu’un besoin n’est pas satisfait.

Chaque émotion a elle-même une polarité positive et une polarité négative. Si l’on prend l’exemple de la colère, émotion dite négative, mal-aimée dans nos sociétés et souvent réprimée à tort, elle peut avoir comme polarité positive d’aider la personne à s’affirmer, à poser ses limites. Dans sa version négative, elle peut mener à la violence physique ou psychologique. Dans les deux cas, elle délivre un message : un besoin intérieur de la personne ne se trouve pas assouvi. Ce peut être un besoin d’écoute, d’empathie, de considération, de confiance…et cela se traduit par une pensée qui va entraîner la naissance et la diffusion de la colère dans le corps et l’espace mental.

Ainsi, l’émotion est légitime, comme tout ce qui se passe à l’intérieur de soi. 

Comment répondre – et non réagir- à une émotion ?

La différence entre la réponse et la réaction réside dans la conscience que l’on met à agir. La réaction est automatique, rapide, sans recul là où la réponse fait appel au discernement, à l’analyse et à l’action choisie.

L’idée est donc de répondre à son émotion et pour cela, quelques étapes-clés peuvent être intéressantes à observer.

  1. Etre à l’écoute de l’émotion : observer comment elle se manifeste dans le corps, quelles sont les images qui se présentent, quelles pensées viennent s’y ajouter.
  2. Laisser l’émotion se déployer : accueillir sa présence en observant sa provenance et ses effets.
  3. Ressentir pleinement l’émotion, elle est légitime.
  4. Nommer l’émotion, et pour cela, développer son vocabulaire émotionnel afin de rendre plus fine l’analyse ultérieure.
  5. Identifier le besoin sous-jacent.
  6. Vérifier les perceptions et les hypothèses, nuancer la pensée.
  7. Exprimer l’émotion en informant autrui de ses besoins et de leur importance.
  8. Répondre au besoin que l’émotion signale.
  9. Remettre l’émotion à sa place et s’en détacher.
  10. Reconnaître les émotions des personnes importantes autour de soi.

L’émotion, qu’elle provoque un vécu agréable ou non, a donc une fonction importante d’information. Une fois conscientisée et traitée, elle permet une réponse adaptée et la résolution d’un manque de satisfaction d’un besoin. L’enjeu parfois délicat est de se laisser traverser par l’émotion sans s’y identifier, de ne pas se réduire à elle, en l’accueillant simplement et en l’observant.

L’émotion représente donc une précieuse aide dans la compréhension de soi-même, vectrice de transformation, mais également dans la compréhension d’autrui. Elle permet ainsi d’initier un dialogue basé sur la confiance et l’écoute mutuelle qui est source de relations harmonieuses et épanouissantes.

Il n’y a plus qu’à changer de regard sur les émotions, et à les considérer comme de précieuses alliées, disponibles à tout moment pour nous informer de notre état intérieur dans le but d’un mieux-être en soi, et avec les autres.

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